jeudi 8 octobre 2026

Maman: dans le murmure du vent

J'entends maman me parler de là-haut, dans le secret immuable du vent
Elle murmure doucement mon prénom comme elle le faisait si bien avant
Dans le bruissement des feuilles et le vol imperceptible des papillons
Je devine son franc sourire, j'entends jusqu'à l'horizon sa douce chanson
Elle me signifie de ne pas pleurer, que là-haut, au paradis, c'est si grandiose
Qu'elle valse parmi les fleurs, délivrée de tous ses maux, que rien n'est morose
Dans cette immense plaine de verdure enrobée de splendeur où le temps a cessé
Sans arrêt, elle marche dans mes pas, malgré toutes ces interminables années
Elle me rappelle en sourdine de profiter de ma vie à chaque instant 
Que pour toujours, elle est immortalisée dans mon cœur au-delà du présent
Oui, maman me parle souvent de là-haut, et quand la nuit descend
Je regarde avec émotion briller son étoile pour me dire qu'elle m'aime tant.
Écrit et publié par Martine Pelletier (+ encore) 


Le vol nocturne de Martine

C'est le soir d’Halloween, pour Martine, pas question pour elle de connaître l'ennui 
Dans son rêve, elle souhaite se transformer en véritable et adorable sorcière de minuit 
Au lieu de voyager sur un antique balai aux pouvoirs hautement magiques 
C'est en flottaison, haut dans les airs qu'elle veut voir le monde en mode fantastique 
Comme un oiseau nocturne, elle plane toute légère au-dessus du lit bien drapé
La vision embrouillée par cet ensorcellement entier, impossible à contrôler 
Tout tremble autour d'elle, même le vétuste papier peint fleuri s'affole sur les cloisons 
Tandis que les cadres prennent vie, sans contrôle, elle effleure bien malgré elle le plafond
Combien donnerait-elle en cet instant de pure folie de se retrouver en plein réveil  
Elle se dit qu'un revenant ancestral farceur, un éternel comique, a dérobé son sommeil 
Ses extravagantes boucles couleur du soleil voltigent comme des chauves-souris
Au milieu de la chambre ensorcelée, bien vivante, où tout s'est profondément obscurci
En chœur, les monstres tapis au fond du placard applaudissent son impressionnant exploit
Cette étrange voltigeuse de nature aventurière, la voilà qui tressaille d'effroi
Alors si ce soir vous avez le bonheur ou le malheur de l'apercevoir en vol plané 
Un petit conseil d'ami, proposez-lui donc de délicieux bonbons pour la faire redescendre en toute sécurité.
Écrit et publié par Martine Pelletier (+ encore) 

mardi 6 octobre 2026

Double miroir

Sur le lit encombré et sombre du rivage, sur des galets
Une moule fine repoussée par les marées s'est ouverte
Révélant au grand jour toute sa splendeur de violet 
Elle reste là, esseulée, livrée à elle-même, découverte
Jadis, double miroir, dans le fleuve, au cœur de l'eau
Chatoiement immuable d'un ciel azur bout du monde
Soudainement, elle a déserté ce gigantesque rideau
Des grandes marées impitoyables et de l'amère onde

Que dire de ces bois flottés, braves témoins lointains
Voyageurs discrets, échoués tout près, sur le rivage
Tandis qu'au bout de l'horizon se meurt le soir serein
Sur ce naufragé du grand fleuve et modeste coquillage.
Écrit et publié par Martine Pelletier


vendredi 25 septembre 2026

Miroir d'automne

Amusant petit voilier voguant allègrement sur l'onde claire
Imagination fertile d'une feuille d'automne au gré du vent
Ta confiance te conduira vers ce faisceau de vive lumière
Là-bas, dans le miroir scintillant du monde magique de l'étang 

Quelle fierté de pavaner ton élégante voile faite d'une feuille 
Se tenant sur une fragile barque, simplement un lit de bois
Que l'eau limpide caresse doucement sans tape-à-l'œil
Sous les reflets dorés de l'automne avant les grands froids
Lorsque cette saison colorée escorte ce fabuleux voyage
Accompagnée de toutes les teintes typiques à l'état pur
Elle imprègne et signe autour d'elle son unique image
Entre le paysage éclatant d'or et le ciel embrasé d'azur
Comme j'aimerais être ce petit navire intrépide de la terre
Propulsé par l'eau vers des pays lointains, guidé par l'air
Tu irradies en toi tous les cycles et leur profond mystère
De cette mystérieuse dame Nature pour préparer l'hiver.
Publié par Martine Pelletier (+ encore)


jeudi 24 septembre 2026

Museau de Feuille

La Feuille:
« Ne bouge pas, magnifique félin de maison. Je viens de faire une chute en tourbillonnant d'un grand érable. Voilà que je me retrouve réfugiée sur le bout de ton nez. Quel endroit de rêve, de douceur! Je suis très choyée »
Le Chat:
« Chut... Je reste immobile. Je veux profiter de cet instant unique. Tu effleures mes moustaches et tu me fais loucher. C'est vraiment amusant. Ta couleur d'or va à merveille avec la teinte de mes yeux. D'où viens-tu ainsi? Raconte-moi. »
La Feuille:
« Le vent d'automne m'a conduite jusqu'à toi. Mes sœurs aussi colorées que moi couvrent le sol d'un fabuleux tapis rouge, mais moi, j'ai décidé de devenir ton plus beau souvenir. »
Le Chat:
« Alors, je t'en supplie, reste encore un instant. Le monde autour tourne bien trop vite. C'est affolant, mais sur le bout de mon museau, le temps s'arrête juste pour nous deux. »
La Feuille:
« Oh non… Entends-tu ce bruissement dans les arbres? C'est le vent de l'est qui m'interpelle. Il veut m'inviter pour me faire danser une dernière fois avant l'arrivée du grand froid. »
Le Chat:
« Il est là. Je le sens souffler sur mon front. Reste blottie sur mon museau, ma belle amie. Si je garde les yeux fermés, crois-tu qu'il passera sans te voir? »
La Feuille:
« Le vent est très alerte, il observe tout sur son passage, mon ami. Vois, mes bords se soulèvent déjà. Je dois partir, mais ne sois pas attristé. »
Le Chat:
« Mon nez se sentira bien vide sans ta présence d'or. Où iras-tu? Seras-tu en sécurité? »
La Feuille:
« Au loin là-bas, afin de vivre de spectaculaires aventures! Mais, souviens-toi, chaque fois que tu verras une feuille flamboyante tournoyer dans le jardin, sache que je te saluerai au passage. Peut-être que je me poserai encore sur ta confortable truffe féline. »
Le Chat:
« Bon voyage, mon amie d'un tendre moment. Je te donne rendez-vous ici à l'automne prochain. Sache aussi que les plus merveilleux souvenirs ne s'envolent jamais, ils restent toujours gravés au fond du cœur.»
Écrit et publié par Martine Pelletier (+ encore)



dimanche 20 septembre 2026

Dialogue d'automne

 

La Feuille: Atterrissage réussi! Bonjour là-dessous. Ne bouge plus, je suis ton nouveau chapeau.

Le Chien: Ouh là… Qu’est-ce qui vient de me toucher? Je sens un truc tout léger sur ma tête. Surpris… je lève les yeux. Je louche. Ah, une intruse!
La Feuille: Une intruse? Quelle impolitesse. Je suis une magnifique feuille d’automne, couleur rouge brique. Je te donne un style fou comme tu n'as jamais eu.
Le Chien: Un style? Je m'en fiche du style. Je suis charmant de nature. Dis-moi plutôt : es-tu un genre de délicieux biscuit tombé miraculeusement du ciel? Si je secoue la tête, tombes-tu directement dans ma bouche?
La Feuille: Absolument pas. Je suis composée de sève d'érable et de chlorophylle séchée, pas de saveur de tendres croquettes. Ne commets pas l'irréparable. Je suis bien confortable sur ta superbe tête noire de labrador.

Le Chien: Mouais… Pas d'odeur de viande au menu, c'est désolant. Bon, vu ma générosité, d'accord, tu peux rester là quelques minutes. Mais si un écureuil passe en vitesse, je ne réponds plus de rien. Prépare-toi à faire une spectaculaire chute sur le sol tapissé de tes semblables. C'est à tes risques et périls. Assure-toi de prendre la bonne décision. Alors, réfléchis bien.
Écrit et publié par Martine Pelletier (+ encore)


vendredi 18 septembre 2026

Le cheval figé


Cette leçon de vie nous signifie que l'authentique liberté n'est pas toujours là où on l'imagine.

Un fier cheval racé, magnifique, aimant galoper avec ferveur
Qui accepte avec orgueil tous les compliments à sa faveur
Aperçut durant ses galops sur la plage, immobile, perché
Un bizarre phénomène fabriqué entièrement en bois flotté
Le prétentieux cheval l'interpella de son statut le plus haut 
Lui demanda ce qu'il faisait là sans foin, ni robustes sabots 
Tu ne gambades jamais en liberté dans les vastes plaines
Ta sombre carcasse est figée et ta vie ne semble pas pleine
Quant à moi, on me toilette, on me chouchoute, on m'envie
Tandis que sous les bourrasques ton corps inerte dépérit
Le cheval de plage, impassible, l'œil fixe, assurément serein
Lui déclara alors, sans amertume, dénudé de tout chagrin
Oui, je l'avoue franchement, je ne galope pas, je reste ici
Ainsi, aucune facture de dépenses salées ne me poursuit
Point de soins coûteux de vétérinaire ni de maréchal-ferrant
Ma vie se résume au rivage et à la brise du Saint-Laurent
Si un 
courageux cavalier s'avise de grimper sur mon dos
Une douloureuse cicatrice fessière lui causera bien des maux
Puis, je ne coûte rien du tout, je n'appréhende aucune bride
Ma liberté de bois statuaire vaut bien tous tes efforts arides.

La morale:
Mieux vaut rester immobile et libre de tout soin
Que courir le monde en payant cher son foin.

Publié par Martine Pelletier (+ encore)