mercredi 18 mars 2026

La Maison aux Framboises

Au bout d'un sentier de terre et de rosée
Se dresse une demeure aux volets colorés
Où le temps semble doucement avoir déposé
Le parfum des étés qu'on n'a jamais quittés

Tout autour, le jardin est un océan rouge
Où les buissons épineux gardent leur trésor
Ainsi, dès que le vent léger d'un souffle bouge
Les baies mûres scintillent comme des éclats d'or

On y entre les mains tachées de sang sucré
Le cœur battant au rythme des souvenirs anciens
Dans cette cuisine où le sucre est vraiment sacré
Où l'on transforme en confiture les doux matins

Les murs respirent l'odeur du fruit et du miel
Un refuge paisible, de velours et de soie
Pour monsieur l'ours qui aime la saveur du ciel
La maison aux framboises lui procure tant de joie.

Publié par Martine Pelletier

La Maison de Poire

Dans la maison de poire

On ne broie jamais du noir 

Les murs sont tout fondants

On y croque à pleines dents

L’escalier est en quartier

Pour glisser dans le cellier

Le canapé est en compote

On peut y faire de la popotte

Le toit est un pédoncule

Où le chaud soleil roucoule

Et, quand il pleut du sirop

On sort tous nos petits pots 

C’est une demeure un peu folle

Où même les pépins s'affolent

On aime bien la maison de poire

Venez donc un de ces jours la voir.

Publié par Martine Pelletier

La Maison Pastèque

Sous un dôme d’écorce au vert qui enivre
Se cache un palais frais où il fait bon vivre
Aux murs de rubis, à la structure d'été
À l'architecture d'eau et de pure clarté

On entre sans frapper dans la demeure ronde
Où le sucre ruisselle en perles de seconde
Les fenêtres sont noires, de pépins gais semés
Comme autant de regards vers le ciel azuré

Dans la maison Melon, l’ombre est une caresse
Le parfum est un souffle, une douce promesse
On y boit le soleil sous un toit doux de velours
Pour garder dans son cœur le goût troubadour

Quand le soir vient poser son voile sur la terre
La demeure s'effrite et devient très éphémère
Mais, il reste à la bouche, en un dernier frisson
Le souvenir sucré de cette étrange maison.

Publié par Martine Pelletier

Un Nid-Chaussure

Dans le jardin, sous le vieux prunier
Gît une épave, un défraîchi soulier
Finie la marche et les grands bonds
Il s'est mué en confortable maison

Un de ces amis ailés, un brin farceur
L’a choisi comme pied-à-terre de cœur
Il entre par l'espace ouvert du talon
Moyen garanti d'une possible évasion

C’est un duplex un peu trop étroit
Où l'on niche juste tous sous le toit
Les œufs sont au chaud bien au fond
C'est une cachette adaptée aux oisillons

Plus besoin de lacet de cuir, ni de cire
C’est le confort idéal pour s’endormir
Mais, une question reste en suspens 
Les oisillons sentent-ils des pieds en naissant
?

Publié par Martine Pelletier

La Maison aux Citrons

Dans cette drôle de maison aux citrons
On ne marche pas, on fait des bonds 
Les murs sont peints en jaune éclatant
Ça pique les yeux, c'est assez hilarant

À l'entrée, pas de tapis coloré de fleurs
Juste des zestes pour bannir les malheurs
Si tu as soif, n'espère pas un petit soda
C'est citronnade ou rien, voilà l'agenda 

Les fauteuils sont des quartiers de fruits
On s'y assoit et Splash! Quel drôle de bruit 
Le chat de la maison, nommé « Limon »
Poursuit les souris au son de l'accordéon

On y écrit des secrets à l'encre invisible
Un coup de jus de fruit, et tout est lisible
Même si la vie t'envoie de sérieux pépins
Ici, on en fait des colliers pour les copains

Si tu passes par cette demeure pressée
Prépare tes papilles à être très secouées
C'est la villa la plus acide de ce quartier
Où l'on rit jaune à en perdre son dentier.

Publié par Martine Pelletier