samedi 10 janvier 2026

Pause silencieuse


C'est l'hiver sans arôme ni chansons

Dans les prairies, absence de verdure 

Qui ne pointe plus vers l'horizon

Mais, prisonnière de la neige dure


Quelques bosquets conservent encore

Des feuilles jaunies et très fragiles

Ballottées par le vent mordant du nord

Affolées, pour elles, pas de repos tranquille


De plus, ces arbres solitaires et silencieux

Que tout ce tapis neigeux recouvre, isole

Ont cessé tristement de se faire entre eux

Leurs confidences intimes, les plus frivoles


Tout près de là, se tient droit et orgueilleux

Un lièvre fier d'être libre dans ce pays cristal 

Savourant cette fin de journée très hivernale

Et, tout ce qui est magique en cet unique lieu


En se couchant trop tôt, ce soir venu

Le soleil s'efface dans un ciel tout noir

C'est un paisible tableau de dortoir

Qui demain sera encore le bienvenu.

Écrit et publié par Martine Pelletier (+encore)



















L'âme de la Gaspésie

Sous un ciel nacré où s'amusent les remous

Le vent sculpte les vagues sur le dos de la mer

La Gaspésie s'étend, tout en secret entre nous

En charmant ses enfants d'aujourd'hui et d'hier


À Percé, le paysage ressemble à un livre ouvert

Où le soleil s'écrit en lettres d'or, magiquement

Que dire de Bonaventure, tout de blanc couvert

Peuplé de ces cris d'oiseaux aux quatre vents 


Dans l'antre des Chic-Chocs, le silence est roi

Le brouillard s'invite aux branches des sapins

L'orignal tenace est maître dans ce pays de froid

Paysage de routes d'ombre meublant les matins

 

Ainsi, quand le soir vient dans les anses d'azur

L'air se fait vivifiant, les vastes espaces sont purs

On assiste avec grand émoi au chant des marées

Sur les grèves face à la mer, il est permis de rêver


Terre du bout du monde, de phares et de marins

Et, où le ciel tout entier se perd dans les lointains

La Gaspésie, parée de son beau manteau sauvage

Offre dans sa splendeur son plus élégant visage.

Écrit et publié par Martine Pelletier (+encore)



Reflet voilé de mes quinze ans

Le peigne s'était reposé, à quinze ans, bien inutile
Plus de vent dans les cheveux, adolescence immobile 
Sur un dôme presque d'ivoire où le jour venait danser
Absence d'éclat, avec une grande frousse de se montrer

Plus de boucles, une ombre féminine qui quittait le rivage
Pour laisser place au visage, aux traits de mon paysage
Le regard des autres qui devient moquerie, presque malin
Comme un désert de tristesse qui devient noir chagrin

Plus de cachette derrière une parure, une chevelure
La personnalité, la force deviennent unique armature
C'est un défi à l'état pur, un combat de tous les instants
Dix hivers interminables qui défient le temps, les ans

Aujourd'hui, je suis fière d'avoir survécu sans crinière
Je regarde cette épreuve de la vie avec une vive lumière
Ma force de la vie est un magnifique galet poli par les années
Qui me permet d'aller encore plus haut, sans peur d'avancer.
Écrit et publié par Martine Pelletier (+encore)