jeudi 1 mai 2025

Titre honorable de mouton noir

Dans bien des familles, il y a souvent une personne qui dérange, celle qu'on qualifie de "mouton noir".

Elle est celle qui ne joue pas le jeu des faux-semblants, qui refuse de suivre aveuglément les règles tacites d’un système dysfonctionnel.


On la critique, on la menace, on l'exclut parfois, mais en réalité, elle est généralement celle qui voit la vérité que les autres préfèrent ignorer.

Le mouton noir n’est pas le problème, il est le révélateur.

Il met en lumière les non-dits, pointe du doigt les incohérences et refuse de se conformer aux schémas destructeurs.

Son regard perçant fait peur, car il menace l’équilibre fragile d’un système fondé sur le déni et les faux-semblants.

Ce rôle, aussi difficile soit-il, est aussi une force.

Le mouton noir est fréquemment le premier à briser les chaînes du conditionnement familial, à choisir sa propre voie, à refuser de perpétuer des cycles toxiques.

C’est un chemin solitaire, parfois douloureux, mais il mène vers une liberté précieuse: celle d’être soi, sans masque, sans compromis.

Si vous vous reconnaissez dans ce rôle, sachez que vous n’êtes pas seul.
Votre lucidité est une richesse, votre capacité à voir au-delà des apparences est un cadeau.

Ce que l’on vous reproche aujourd’hui pourrait bien être ce qui vous sauve demain.

Alors, osez rester fidèle à votre vérité, même si cela signifie être différent et, de même, être rejeté, mis à l'écart.

Soyez honoré d'être ce mouton noir qui dérange, c'est un titre teinté de liberté. Un titre qui qualifie haut la main la personne qui se tient debout, la personne qui n'a pas besoin de suivre le troupeau pour avancer dans la vie.

Oui, j'ose l'avouer aujourd'hui: je porte avec honneur ce titre.

D'après un texte de David Lefrançois
Publié par Martine Pelletier

La présence de nos absents

En silence, nous fleurissons leur mémoire, nous leur parlons comme s’ils étaient encore présents, sans savoir où ils sont vraiment. On les sent présents et protecteurs. On aime à croire que là-haut, ils veillent sur nous. 

Quand on ferme les yeux, ils nous lèguent leur regard, semblable à une boussole pour poursuivre notre chemin et l'orienter dans l'amour.  Que donnerait-on pour une réponse, un conseil de leur part, un mot pour dire… « Je veille sur vous »?

Et, il nous suffit de les évoquer pour qu’ils nous sourient dans notre plus beau souvenir, de leur visage le plus lumineux. Nos absents nous accompagnent. On ne peut rien leur cacher puisqu’ils nous regardent avec nos propres yeux. 

C’est une étrange et intime conviction que l’on ne peut partager qu’avec ceux que l’on aime, dans la confiance de n’être pas raillé, mais, au contraire, conforté.

Ceux qui nous manquent remplissent le vide de leur absence par une présence silencieuse et tendre. Toujours disponibles, ils sont auprès de nous, derrière nos paupières closes, dans les moments de doute ou de peur, dans les joies profondes.

Dans la douleur de les avoir perdus, il y avait cette impuissance à les retenir, à les aider, à les accompagner. Dans le chagrin de leur absence, on a le sentiment d’être guidés par eux, de leur conférer un rôle qu’ils n’ont ainsi jamais perdu.

En fermant les yeux, ils nous laissent leur regard, à la façon d’une boussole. Peut-être ont-ils besoin eux aussi de nos pensées, de nos lumières, pour éclairer leur route? Le chagrin n’est que le revers de l’amour. Mais, c’est encore de l’amour. Qu’il serait triste de n’être plus triste sans eux.

Au Panthéon de nos cœurs, nos absents ont toujours raison. Si l’on devait faire le portrait du bonheur, il aurait parfois le visage du chagrin, et la quiétude bienveillante de ceux qui nous ont quittés, mais qui veillent sur nous tendrement. 

C’est une image apaisante pour s’endormir, pour s’orienter, ou se perdre dans leur sourire. Il y a un peu d’infini dans cet amour-là. Ceux qui nous manquent semblent si sereins, si proches, comme en apesanteur…

Trouvent-ils en nous leur chemin vers ailleurs? Alors, les vivants deviendraient la maison de ceux qu’ils ont aimés. Et, si un jour, ils n’existent plus pour personne, auront-ils vraiment disparus?

Se sentir apprécié de son vivant, c’est savoir qu’il existe quelque part un après, un moyen de poursuivre la route ensemble. L’absence n’est pas qu’un vide. C’est aussi de l’amour qui nous accompagne. Servir encore, être utile à quelqu’un… Un beau destin pour nos absents.

Auteur inconnu

Photo: mon choix et libre de droits

Publié par Martine Pelletier


Mes messages de l'au-delà: Françoise



On dit souvent qu'il y a une sensation dans l'odeur de la mer qui rend l'âme heureuse. En cet après-midi du mois de juin 2024, le bord de la mer m'aspirait comme un aimant. C'est pour cette raison que je me suis rendue à mon coin de paradis: La Mer Si-Belle. 

C'était aussi pour préparer l'endroit pour y passer la saison estivale. C'était aussi une de ces journées à peine parsemées de quelques nuages cotonneux sur une mer d'un bleu profond. J'ai entamé mon travail dans la roulotte en plaçant quelques affaires là où elles devaient être. Il faut que je vous dise que j'adore décorer avec des babioles à la saveur maritime. Bien oui, pourquoi pas, on vit au bord du grand fleuve. Pourquoi s'en priver.

De la roulotte, on a une vue magnifique sur l'eau, on devient quasiment hypnotisé à observer toute cette étendue de nuances bleues se prolongeant jusqu'à l'horizon. Je n'ai pas pu résister à la tentation de me rendre jusqu'au fleuve. Une petite voix intérieure me prenait par la main pour m'y conduire.

Je ne voulais pas faire une immense trempette comme les canards, car durant mon enfance, maman ne voulait pas qu'on se baigne avant la Saint-Jean-Baptiste. Elle disait que c'était trop froid. Me tremper juste quelques instants les pieds dans une flaque d'eau ferait certainement mon bonheur. La grande baignade attendra à plus tard. 

Il faut que je vous dise que l'endroit n'est pas une plage de sable, mais une grève garnie de cailloux, de galets et de rochers. Je trouve le paysage extraordinaire, car, pour ma part, une longue plage avec uniquement du sable comme dans le sud, j'estime que cela devient ennuyant à la longue. 

Ce que j'apprécie à marée basse, c'est de m'étonner, à chaque fois, en découvrant les formes et les teintes diversifiées des roches. D'observer aussi la vie insoupçonnée et mystérieuse entre les rochers, dans les flaques d'eau, quand la mer se retire. 

Marchant prudemment, j'ai trouvé un emplacement propice pour m'asseoir avec les pieds baignant dans un minuscule bassin d'eau. En regardant au loin l'immensité de la mer, j'ai pensé à Françoise, partie le 16 mars de la même année, qui affectionnait aussi ce rituel marin dans toute sa simplicité. 

Tout était calme: pas de bateaux, ni d'oiseaux de mer, juste le clapotis des vagues faisant entendre, avec douceur, leurs murmures sur les rochers. Et, c'est à ce moment précis, sans trop m'en apercevoir, que je lui ai demandé de m'envoyer une manifestation de son bien-être, de son bonheur de là-haut. 

Sans crier gare, une volée d'une cinquantaine de goélands est apparue subitement dans le ciel. Ils venaient d'où? De nulle part. Ils volaient et s'amusaient à tout rompre dans le ciel, tournoyant au-dessus de ma tête en faisant entendre des cris de bonheur. 

C'était un sublime hymne à la vie. Ne me demandez pas la durée exacte de ce spectacle étourdissant. Je ne sais absolument pas. J'étais figée sur place. Je n'en croyais pas mes yeux et mes oreilles. Tout était déconcertant, musical et magique.

J'ai dit: « Françoise, c'est toi. À ces mots, tous les oiseaux ont disparu comme balayés par une baguette magique. Et, apparut comme par enchantement, un magnifique goéland, solitaire, qui a tournoyé au-dessus de moi en entonnant des cris d'allégresse que je n'ai jamais entendus provenant d'oiseaux marins. Tout était euphorique. Je ne pouvais pas croire ce qui m'arrivait. 

Ce messager ailé a disparu, à son tour, comme par enchantement. Il n'a pris aucune direction dans le ciel. Je suis restée là, afin de savourer ce moment unique d'un message venu d'ailleurs, de l'inconnu. Je remercie Françoise de m'avoir choisie pour venir nous dire tout simplement: 

Je suis passée de l'autre côté. 

Je savoure ma nouvelle vie. 

Je suis heureuse. 

Je ne vous oublie pas. 

Je veille sur vous tous.

Publié par Martine Pelletier

Photo montage: Martine Pelletier