lundi 12 octobre 2026

Pop-corn et fantôme

Martine décide tout simplement de passer la soirée d'Halloween dans le salon antique, tranquille
Que de plaisir de déguster, dans une citrouille, un succulent bol de pop-corn posé sur ses genoux
Lorsque soudainement, une silhouette fantôme au sourire narquois, un peu fou
Sans invitation, s'introduit sans faire de bruit sur le canapé de manière très habile
Bizarrement, ce sosie nain venu de nulle part, transparent, rigolo et très fier
Sans équivoque, lui ressemble comme deux gouttes d'eau de rivière
Les mêmes boucles couleur de soleil d'été et des yeux au reflet de la mer
D'un geste gracieux, il vient lui ravir une portion de son pop-corn dans les airs
Il lui confie, à l'oreille, avec sa bonne humeur, qu'il est un mignon esprit farceur
Qui se promène dans le noir, à la demande des ancêtres, sans faire le moindre bruit
Martine reste bouche bée, mais ne ressent aucune frayeur face à ce double qui reluit 
Tant que je partage juste mon pop-corn, pense-t-elle, nulle raison de trembler de peur.
Écrit et publié par Martine Pelletier (+ encore)



vendredi 9 octobre 2026

Chatomne

Je suis Chatomne, un félin roux aux yeux émeraude, au regard perçant de vrai roi
Souvent, je fabule de posséder mon royaume tout en admirant le ciel d'un bleu infini
Excentrique à mes heures, j'adore me coiffer de mon original chapeau de plumes, ma douce folie 
Où s'abrite mon oiseau Porte-Bonheur qui s'amuse à saluer l'environnement avec émoi  
Fier de ma personne, ganté de cuir doré, la patte toujours fringante sur ma joue
Mon écharpe de fourrure préférée porte les couleurs de ma saison préférée, l'automne
Je l'avoue, mon manteau me donne une allure peu commune, quasi fanfaronne
Tandis qu'un chic col bleuté, pour braver les intempéries, m'entoure le cou
Je suis un de ces aventuriers friands, curieux de ces pays imaginaires 
Un troubadour poète félin, pensif au cœur grand ouvert, audacieux 
Depuis bien des années, j'observe le monde dans tout ce qu'il a de mystérieux
Me proclamant en toute modestie vigile secret des quatre saisons terrestres.
Écrit et publié par Martine Pelletier (+ encore)




Le Veilleur du Fleuve

Les vagues ingénieuses m'ont sculpté un corps de bois flotté
Habillé des secrets des temps bien gardés que la mer rejette
Grand seigneur sur mon tronc d'écorce, face à cette immensité
Je suis l'oiseau intrépide des mers, qualifié d'éternelle silhouette
Ma tête spéciale est garnie d'un œil évidé par les grands vents
Mes ailes sont des débris de tous ces navires à la dérive oubliés
Je ne parcours pas de distances dans le sillage du Saint-Laurent
Seul mon regard de bois scrute jour après jour ses courants salés
Parfois je sens passer sur moi la caresse du brouillard marin
Le cri strident des goélands de mer qui croisent mon chemin
Immobile, dans mes pensées secrètes, je reste uni à mon destin
Amalgamé de couchers de soleil, de mes souvenirs lointains
Les vagues du fleuve me nourrissent de leurs chants ensorcelés
La plage de la Baie-des-Sables m'offre ce repos bien mérité
Puisque figé dans cet univers, je garde la tête bien haute
Je suis le gardien silencieux, la sentinelle de toute la côte.
Publié par Martine Pelletier (+ encore)

jeudi 8 octobre 2026

Maman: dans le murmure du vent

J'entends maman me parler de là-haut, dans le secret immuable du vent
Elle murmure doucement mon prénom comme elle le faisait si bien avant
Dans le bruissement des feuilles et le vol imperceptible des papillons
Je devine son franc sourire, j'entends jusqu'à l'horizon sa douce chanson
Elle me signifie de ne pas pleurer, que là-haut, au paradis, c'est si grandiose
Qu'elle valse parmi les fleurs, délivrée de tous ses maux, que rien n'est morose
Dans cette immense plaine de verdure enrobée de splendeur où le temps a cessé
Sans arrêt, elle marche dans mes pas, malgré toutes ces interminables années
Elle me rappelle en sourdine de profiter de ma vie à chaque instant 
Que pour toujours, elle est immortalisée dans mon cœur au-delà du présent
Oui, maman me parle souvent de là-haut, et quand la nuit descend
Je regarde avec émotion briller son étoile pour me dire qu'elle m'aime tant.
Écrit et publié par Martine Pelletier (+ encore) 


Le vol nocturne de Martine

C'est le soir d’Halloween, pour Martine, pas question pour elle de connaître l'ennui 
Dans son rêve, elle souhaite se transformer en véritable et adorable sorcière de minuit 
Au lieu de voyager sur un antique balai aux pouvoirs hautement magiques 
C'est en flottaison, haut dans les airs qu'elle veut voir le monde en mode fantastique 
Comme un oiseau nocturne, elle plane toute légère au-dessus du lit bien drapé
La vision embrouillée par cet ensorcellement entier, impossible à contrôler 
Tout tremble autour d'elle, même le vétuste papier peint fleuri s'affole sur les cloisons 
Tandis que les cadres prennent vie, sans contrôle, elle effleure bien malgré elle le plafond
Combien donnerait-elle en cet instant de pure folie de se retrouver en plein réveil  
Elle se dit qu'un revenant ancestral farceur, un éternel comique, a dérobé son sommeil 
Ses extravagantes boucles couleur du soleil voltigent comme des chauves-souris
Au milieu de la chambre ensorcelée, bien vivante, où tout s'est profondément obscurci
En chœur, les monstres tapis au fond du placard applaudissent son impressionnant exploit
Cette étrange voltigeuse de nature aventurière, la voilà qui tressaille d'effroi
Alors si ce soir vous avez le bonheur ou le malheur de l'apercevoir en vol plané 
Un petit conseil d'ami, proposez-lui donc de délicieux bonbons pour la faire redescendre en toute sécurité.
Écrit et publié par Martine Pelletier (+ encore) 

mardi 6 octobre 2026

Double miroir

Sur le lit encombré et sombre du rivage, sur des galets
Une moule fine repoussée par les marées s'est ouverte
Révélant au grand jour toute sa splendeur de violet 
Elle reste là, esseulée, livrée à elle-même, découverte
Jadis, double miroir, dans le fleuve, au cœur de l'eau
Chatoiement immuable d'un ciel azur bout du monde
Soudainement, elle a déserté ce gigantesque rideau
Des grandes marées impitoyables et de l'amère onde

Que dire de ces bois flottés, braves témoins lointains
Voyageurs discrets, échoués tout près, sur le rivage
Tandis qu'au bout de l'horizon se meurt le soir serein
Sur ce naufragé du grand fleuve et modeste coquillage.
Écrit et publié par Martine Pelletier


vendredi 25 septembre 2026

Miroir d'automne

Amusant petit voilier voguant allègrement sur l'onde claire
Imagination fertile d'une feuille d'automne au gré du vent
Ta confiance te conduira vers ce faisceau de vive lumière
Là-bas, dans le miroir scintillant du monde magique de l'étang 

Quelle fierté de pavaner ton élégante voile faite d'une feuille 
Se tenant sur une fragile barque, simplement un lit de bois
Que l'eau limpide caresse doucement sans tape-à-l'œil
Sous les reflets dorés de l'automne avant les grands froids
Lorsque cette saison colorée escorte ce fabuleux voyage
Accompagnée de toutes les teintes typiques à l'état pur
Elle imprègne et signe autour d'elle son unique image
Entre le paysage éclatant d'or et le ciel embrasé d'azur
Comme j'aimerais être ce petit navire intrépide de la terre
Propulsé par l'eau vers des pays lointains, guidé par l'air
Tu irradies en toi tous les cycles et leur profond mystère
De cette mystérieuse dame Nature pour préparer l'hiver.
Publié par Martine Pelletier (+ encore)