vendredi 30 octobre 2026

Légendes Gaspésiennes: Le Géant des Grèves

 

Les habitants des Méchins, en ces temps-là, ne vivaient pas dans la richesse. Le lard salé, le sucre d'érable et les coques étaient souvent au menu quotidien. 

Malgré la quantité de mollusques, trésors gratuits du fleuve, c'était tout un défi de se les procurer. Les braves cueilleurs devaient se rendre bien groupés et très tôt le matin sur la grève. Pourquoi?

C'est qu'un géant qui vivait dans une grotte près de la mer était aussi un lève-tôt. On peut affirmer que c'était un drôle de personnage avec un seul œil au milieu du front. Son plaisir fou était de poursuivre les villageois sur la plage en hurlant très fort. 

Un certain automne, deux pères missionnaires et un Amérindien, partis de Tadoussac, se rendaient à Gaspé. Surpris par la noirceur, ils décidèrent de dormir sur la grève des Méchins. 

L'Amérindien, pris de panique, leur a mentionné que le géant Outikon régnait en maître sur cet endroit. N'ayant aucune autre solution, ils se sont abrités sous le canot tout près d'un bon feu pour se réchauffer. Soudainement, un coup de vent éteignit complètement le feu accompagné d'une pluie forte.

Au même moment, Outikon émit un cri déchirant qui a failli les faire mourir de peur. Au loin, ce colosse vint à leur rencontre, appuyé sur un impressionnant bâton fabriqué avec un gros tronc d'arbre de pin.

Sans perdre de temps, un des missionnaires tira le crucifix qu'il portait sur sa poitrine, le présenta droit vers le géant. Ce dernier poussa un cri d'effroi et déguerpit vers la montagne. Les roches s'entremêlaient sous ses pieds en un fracas épouvantable. Il délaissa à regret son bâton sur les lieux.

Au petit matin, les hommes récupérèrent le tronc d'arbre abandonné sur place par Outikon. Ils en fabriquèrent une croix de protection qu'ils fixèrent sur le sol.

Depuis ce jour, les habitants des Méchins se rendent sur la grève pour relever des coques en toute sécurité.

D'après: les Légendes gaspésiennes

Adapté et publié par Martine Pelletier




lundi 26 octobre 2026

Légendes du fleuve: la Dame aux glaïeuls

Personne ne pouvait l'apercevoir durant tout le jour
Elle patientait la nuit pour jouer ses mauvais tours 
Se faufilant dans les vagues du Saint-Laurent sauvage
Sous la lune dégageant un immense quartier blanc
Comme une vigie hypocrite, alerte, surveillant le rivage
Elle se mouvait dans la noirceur et défiait tous les vents
Un certain soir, un marinier très âgé au grand cœur
Accepta d'embarquer dans son canot deux voyageurs 
Une mère très inquiète et son très jeune fils en pleurs
Tôt partis de Québec depuis déjà quelques heures
Au Bas-Saint-Laurent se tramait leur triste destin 
Ils calculaient toutes les minutes menant au lendemain
Soudainement, la pleine lune évinca tous les nuages
L'enfant, en se réveillant, émit un cri strident de stupeur
Une femme en vêtement de blanc pur, et figure de rage
Déambulait sur l’eau profonde, en semant de la torpeur
Aux premières lueurs du jour, le généreux canotier
Décida d'accoster près de la grève afin de chasser
Lorsqu'il retourna avec ses prises où il avait accosté
L'embarcation vide se balançait sans les passagers 
Non loin, dans les rosiers sauvages, un cri glacé
Se faisait entendre, comparable à un animal blessé
À la branche d'une épinette, la mère était suspendue
L’enfant, accroupi sur la terre, de douleur, était tordu 
Dans un soupir agonisant, le petit, avec effort, raconta
Qu'une femme aux yeux verts, au visage de l'au-delà
Les avait interpellés sans cérémonie au milieu de l'écume
Ses longs cheveux noirs voltigeant parmi l'épaisse brume
Sans avertissement, elle s'était emparée d'eux, criant fort
Avec une auréole de mille feux resplendissant sur son visage
Souriant malicieusement de les voir partir vers la mort
En savourant leur lamentation se mêler à travers le paysage
Depuis cet évènement atroce, sur les bords du grand fleuve
Les enfants apeurés retournent chez eux dès que la nuit se lève
Ils appréhendent l'eau ténébreuse ainsi que la lune nouvelle
Avec la peur au ventre de croiser la méchante sentinelle.
D'après: les légendes du fleuve
Écrit et publié par Martine Pelletier


dimanche 18 octobre 2026

Double combo

Quand on veut se rappeler sa jeunesse, le nombre de photos ne se calcule jamais
Alors on se dit en souriant pourquoi pas deux pour le prix d'un vrai forfait 
Le premier cliché est en bas, la main bien positionnée sous le menton
Adaptation véritable de la pose vedette avec une grande application
Coiffée à la française d'un élégant béret qui illustre bien Paris
Garni d'une modeste fleur blanche pour nous remémorer le printemps fleuri
Martine scrute l'objectif avec son petit sourire, intensément, une drôle de mimique
Mais ne vous trompez pas, le studio photographie a choisi le magique 
Regardez, au-dessus d'elle, flottant comme une réplique de grand chef
C'est vraiment fou, son propre visage géant apparaît tout en relief
Est-ce le fantôme rétro de Martine? Une illusion optique qui s'est perdue en chemin?
Qui observe d'en haut, comme un gardien, pour voir si tout se passe bien?
C'est ma découverte étonnante d'image IA de cette année deux mille vingt-six
Où les effets spéciaux pour revenir en arrière sont de vrais délices
Se souvenir du temps passé, avec deux fois plus de bonheur sur la même photo
Tout cela, pour le délice des yeux, croyez-moi, c'est le double combo.

Écrit et publié par Martine Pelletier (+ encore)



Frissons garantis

Frémissements légers qui courent sans arrêt sur la peau

Rare sensation ou souffle du vent, d'un moment d'effroi
Intense, suprême émotion qui s'éveille sans crier attention
Souffle suspendu dans le temps face à ce qui nous surprend
Surprise ou terreur qui fait battre le cœur à tout rompre 
Ombre qui passe en coup de vent ou en élan de stupeur
Nuit de mystère, d'Halloween où tout semble impossible
Suprêmes frissons qui font vibrer le cœur, la tête et l'esprit.

Publié par Martine Pelletier (+ encore)
https://www.les-mer-veilles-de-sirena.com/horizon-festif





mardi 13 octobre 2026

La Sorcière du Cimetière

Dans le silence couleur d'encre de l'immense cimetière
Se balade lentement la sinistre, l'impitoyable sorcière
Elle secoue ses mains enrobées de vieille poussière
En ce soir d'Halloween, elle se donne une allure princière
Son fidèle chat Charbon la poursuit entre les pierres
Pendant qu'elle murmure, en silence, une étrange prière
Son désuet balai de bois s'élève très haut dans les airs
Un rire strident paralyse les alentours et la nuit entière
Elle cherche des os d'animaux bien enfouis sous la terre
Pour concocter le soir venu sa traditionnelle tourtière
La lune brille de là-haut, comme un blafard réverbère
Rendant subitement toute la nature inhospitalière
Même les crapauds se cachent sous un tas de lierre 
Avertissant tous les hiboux de garder l'œil ouvert
Elle jette un ultime sort avec sa mimique grimacière 
La terre tremble jusqu'aux limites des contrées forestières.
Publié par Martine Pelletier (+ encore) 



Sorcière d'un jour

La sorcière Grabouya, nommée Martine

Prépare pour fêter en grand l'Halloween

Une pâte unique à bonbons ultra-fine

Dans son immense chaudron de cuisine

Bien tassée, une portion de margarine

Trois cuillères à soupe comble de farine

Elle y incorpore sa récolte d'aubergines

Un ajout de poivre noir et quelques racines

Sans oublier quelques tiges d'aubépine

Pour accentuer la saveur, trois mandarines

Finaliser le tout avec un sachet de pectine

Une recette au goût du jour très sauvagine

Qui plaira sûrement à sa voisine, la Sagouine

Et, à ses chats noirs qui s'en lècheront les babines

Au lieu de prendre en chasse des tas de vermines.

Publié par Martine Pelletier (+ encore)


lundi 12 octobre 2026

Pop-corn et fantôme

Martine décide tout simplement de passer la soirée d'Halloween dans le salon antique, tranquille
Que de plaisir de déguster, dans une citrouille, un succulent bol de pop-corn posé sur ses genoux
Lorsque soudainement, une silhouette fantôme au sourire narquois, un peu fou
Sans invitation, s'introduit sans faire de bruit sur le canapé de manière très habile
Bizarrement, ce sosie nain venu de nulle part, transparent, rigolo et très fier
Sans équivoque, lui ressemble comme deux gouttes d'eau de rivière
Les mêmes boucles couleur de soleil d'été et des yeux au reflet de la mer
D'un geste gracieux, il vient lui ravir une portion de son pop-corn dans les airs
Il lui confie, à l'oreille, avec sa bonne humeur, qu'il est un mignon esprit farceur
Qui se promène dans le noir, à la demande des ancêtres, sans faire le moindre bruit
Martine reste bouche bée, mais ne ressent aucune frayeur face à ce double qui reluit 
Tant que je partage juste mon pop-corn, pense-t-elle, nulle raison de trembler de peur.
Écrit et publié par Martine Pelletier (+ encore)