mercredi 25 mars 2026

Le train Tchou-fleurs

Sur les rails de la vieille campagne
Une locomotive en fer s'accompagne
D'un sifflet qui, au lieu de siffler
Se met soudain à fleurir tous les prés

Quand il arrive au passage à niveau
Il ne fait pas de bruit, passe incognito 
Il lâche un jet de ravissants coquelicots
Qui se posent sur le nez des chevaux

« Tchou-tchou ! » fait-il en plein virage
Et vlan! Des marguerites dans son sillage 
Les vaches, d'habitude fatiguées, blasées
Se retrouvent subitement de fleurs coiffées

Le conducteur, un vrai botaniste
Ne craint jamais le moindre artifice
S'il freine trop sec dans un tournant
C'est un bouquet de roses au vent 

Adieu la fumée, bonjour le parfum

Les trains sont aussi des poètes

Dans des moments très importuns

Pour transformer notre cœur en fête.

Publié par Martine Pelletier

(+ encore)




mardi 24 mars 2026

La maison pointure extra

  • Enfin une maison qui me permet d'être de haut niveau, même en plein milieu des bois. 
  • Pourquoi vivre dans une cabane quand on peut habiter dans une chaussure de luxe avec vue sur les écureuils? 
  • Je n'ai pas peur du vide, j'habite au troisième étage du talon. 
  • Le seul endroit où l'on peut dire : "Chérie, j'ai oublié mes clés dans la pointe !" 
  • L'avantage, c'est que si je m'ennuie dans ce quartier, je peux toujours essayer de faire un pas pour habiter ailleurs.
  • Attention: cette maison ne supporte pas les sols meubles... ou les pelouses fraîchement tondues. 
  • L'argent ne fait pas le bonheur, mais il peut vous offrir une villa de pointure haut de gamme.
  • Attention : cette maison ne supporte pas les sols meubles... ou les pelouses fraîchement tondues. »
  • Donc, si la chaussure vous va, emménagez-y, sans tarder.
  • Publié par Martine Pelletier (+ encore)


La Maison carotte

Dans un jardin de fougères frisées
Se dresse une maison bien orangée
Pas de briques, pas de béton armé
C’est une carotte géante, bien plantée

Son toit est un plumeau de verdure
Droit vers le ciel, quelle aventure 
Pour entrer, pas besoin de clé en fer
On grignote la porte, le nez en l'air 

Le salon a l'odeur d'un grand potager
Les fauteuils sont en délicieuse purée 
La télé est un vieux navet tout évidé
Où les limaces prennent leur déjeuner

Mais, attention si Monsieur Lapin a faim
Il pourrait tout manger, ce serait la fin 
Le soir, la maison rêve d'être en potage
Pour embellir encore plus son image

C'est la villa la plus croquante du quartier
Ainsi, évitez d'inviter un cheval à souper
Ou votre charmante chambre à coucher
Finira sans aucun doute en jus vitaminé. 

Publié par Martine Pelletier

La Maison théière

Dans le sous-bois des grandes fougères
S'élève un toit aux courbes de verdure
Une théière blanche, élégante et légère
Où le temps s'arrête dans la belle nature

La douce mousse brode un tapis de soie
Autour de ce refuge unique, enchanté
Où notre cœur, tout subjugué d'émoi
Vient puiser la paix, une douce clarté

Par le bec de cette poétique demeure
S'échappe un parfum de thé brûlant
Tandis que passent vite les heures
Dans le vert d'un décor si charmant

Sous les frondes qui nous protègent
Elle nous offre un nid pour l'éternité
Éloigné du monde et de ses manèges
Dans cette infusion de calme sérénité.

Publié par Martine Pelletier



lundi 23 mars 2026

La Maison croissant

Les murs sont dorés, invitants à souhait
On entend le beurre chanter en secret
Et, tout en haut, quel divin spectacle 
Un dôme de crème fouettée, pur miracle 

Couleur de l'aube, onctueuse et légère
Ce toit improvisé brave les courants d'air
Des fraises juteuses, rouges et sucrées
Servent de tuiles, joliment orchestrées 

Avec de la pluie, c'est du sirop d'érable
Rendant le jardin tout à fait délectable
Mais, grande attention au soleil de midi 
Le toit pourrait fondre, ce serait un gâchis

Un vieux pâtissier retraité et chevronné
Passe toutes ses journées à tout regarnir
Armé d'une louche et d'un grand tablier
Pour que sa demeure ne cesse d'éblouir.

Publié par Martine Pelletier

Le renard et la demoiselle

 

Sous l'ombre épaisse des grands chênes
Où le silence est roi et maître des plaines
Une fille aux cheveux teintés d'argent
Allait d'un pas silencieux et changeant

Près d'un buisson d'épines sombres
Un renard guettait dans les ombres
Sa robe rousse, un peu feu follet
Dans la lumière brillait et s'envolait

Il s'approcha, museau alerte au vent
L'œil vif, le geste poli et bienveillant
Elle s'arrêta, surprise, le souffle court
Saisie par ce jeu de charme, de velours

Point de ruse, point d'inutile querelle
Entre la bête rusée et la demoiselle
Juste un regard tendre, un lien secret
Né du murmure de l'immense forêt

Le renard fit un pas gracieux de danse
Salua sa noble et merveilleuse présence
Puis disparut magiquement dans le taillis
Laissant la demoiselle confuse, en un oubli

Elle repartit, l'âme subjuguée, très légère
Gardant en elle cet inexplicable mystère 
Qu'au détour d'un sentier et simple boisé
Le sauvage peut vraiment nous apprivoiser.

Publié par Martine Pelletier

vendredi 20 mars 2026

La cabane dans les nuages

Près du sommet, là où l’air s'amoindrit
Se dresse une cabane, un vrai défi à la vie
Bâtie sur un arbre qui n'en demandait pas tant
Elle gratte le ventre des nuages en passant

Le proprio, pour l'escalader, a un sacré mollet
Même les aigles font demi-tour, l'air un peu inquiet
À midi, on n'y mange pas de soupe ni de ragoût
On croque un bout de cumulus, quel drôle de goût

Pour accrocher son linge, c’est la solution royale
Le vent souffle si fort que c’est un vrai carnaval
Son caleçon, hier soir, a quitté le haut balcon
Il a été emporté à la vitesse éclair par un faucon
Le plus dur, c'est l'orage, quand l'éclair fait coucou
On se brosse les dents en mode gros coup de grisou
Mais, la vue est superbe, on voit l'arrière des cieux
Même si, pour le Wi-Fi, c'est vraiment désastreux.
Publié par Martine Pelletier