vendredi 20 mars 2026

La Maison-Chat

Dans un petit coin de ruelle
Une bâtisse un peu rebelle
Ne surveille pas les souris
Mais épie les pires bandits

Deux fenêtres rondes en façade
Qui vous fixent en pleine balade
Pas besoin d'alarme ou de chien
Ce regard félin est le vrai gardien

Quand le soleil rase la toiture
Elle prend une drôle d'allure
On dirait qu'elle va ronronner
Ou réclamer sa boîte de pâté 

Si la porte est sa grande bouche
Il faut vraiment dire pas touche
Car cette maison, c'est un secret
Miaule fort quand le vent l'effraie.

Publié par Martine Pelletier

Le coq Saladin

Ce matin, quel drôle de destin
Chantecler est devenu Saladin
Plus de « cocorico » au réveil
Il est en laitue sous le soleil

Ses plumes rousses et ses fiers ergots
Sont de la salade pour les escargots
Il ne trône plus dans le poulailler
Il attend la sauce dans le saladier

Ainsi, le plus bizarre dans ce fouillis
Est son bec se troquant en parapluie
Quand le ciel gronde et devient gris
Il s'ouvre en grand, quelle comédie

S’il pleut trop fort sur le potager
Le coq-laitue reste bien protégé
Il ne finit pas au vin, c’est certain
Alors attrapé par un rusé lapin. 

Publié par Martine Pelletier

La Maison Kiwi

Dans le petit village, quel drôle de logis
C’est la Maison Kiwi, où tout est vert-souris 
Pas de briques rouges ni de vieux paillassons
Ici, on vit comme dans un gros fruit de saison

Les murs sont en poils, un peu électriques
C’est doux au toucher, mais pas très pratique
Quand il se met à pleuvoir à flot sur la toiture
Ça sent la salade verte et la vraie déconfiture 

Pour entrer chez soi, pas besoin de superbe clé
On croque en vitesse la porte et on est installé
Le canapé du salon est une tranche bien juteuse
Gare aux pépins, c'est une horde nombreuse

Les voisins rigolent : « C’est un peu culotté! »
Mais, l'habitant répond, avec grande fierté:
« Ma maison est remplie de vitamine C
Je n'ai jamais de rhume, je suis en santé! »

Publié par Martine Pelletier

jeudi 19 mars 2026

La Maison Champignon

 


Lumière douce sous le chapeau
Abri secret pour les petits lutins
Mousses tendres sur le sol
Au milieu de la forêt profonde
Imaginaire et plein de magie
Sous les feuilles mortes, elle se cache
Où les insectes trouvent refuge
Nid douillet de la nature
Colorée et ronde, elle se dresse
Haute comme trois pommes

Au pied d'un vieux chêne
Merveilleuse architecture de sous-bois
Porte minuscule pour les fées
Irrésistible pour les rêveurs
Galets gris autour de son pied
Nuages de spores au vent
Odorante d'humus et de pluie
Nocturne demeure des gnomes
Publié par Martine Pelletier

mercredi 18 mars 2026

La Maison aux Framboises

Au bout d'un sentier de terre et de rosée
Se dresse une demeure aux volets colorés
Où le temps semble doucement avoir déposé
Le parfum des étés qu'on n'a jamais quittés

Tout autour, le jardin est un océan rouge
Où les buissons épineux gardent leur trésor
Ainsi, dès que le vent léger d'un souffle bouge
Les baies mûres scintillent comme des éclats d'or

On y entre les mains tachées de sang sucré
Le cœur battant au rythme des souvenirs anciens
Dans cette cuisine où le sucre est vraiment sacré
Où l'on transforme en confiture les doux matins

Les murs respirent l'odeur du fruit et du miel
Un refuge paisible, de velours et de soie
Pour monsieur l'ours qui aime la saveur du ciel
La maison aux framboises lui procure tant de joie.

Publié par Martine Pelletier

La Maison de Poire

Dans la maison de poire

On ne broie jamais du noir 

Les murs sont tout fondants

On y croque à pleines dents

L’escalier est en quartier

Pour glisser dans le cellier

Le canapé est en compote

On peut y faire de la popotte

Le toit est un pédoncule

Où le chaud soleil roucoule

Et, quand il pleut du sirop

On sort tous nos petits pots 

C’est une demeure un peu folle

Où même les pépins s'affolent

On aime bien la maison de poire

Venez donc un de ces jours la voir.

Publié par Martine Pelletier

La Maison Pastèque

Sous un dôme d’écorce au vert qui enivre
Se cache un palais frais où il fait bon vivre
Aux murs de rubis, à la structure d'été
À l'architecture d'eau et de pure clarté

On entre sans frapper dans la demeure ronde
Où le sucre ruisselle en perles de seconde
Les fenêtres sont noires, de pépins gais semés
Comme autant de regards vers le ciel azuré

Dans la maison Melon, l’ombre est une caresse
Le parfum est un souffle, une douce promesse
On y boit le soleil sous un toit doux de velours
Pour garder dans son cœur le goût troubadour

Quand le soir vient poser son voile sur la terre
La demeure s'effrite et devient très éphémère
Mais, il reste à la bouche, en un dernier frisson
Le souvenir sucré de cette étrange maison.

Publié par Martine Pelletier