vendredi 25 septembre 2026

Miroir d'automne

Amusant petit voilier voguant allègrement sur l'onde claire
Imagination fertile d'une feuille d'automne au gré du vent
Ta confiance te conduira vers ce faisceau de vive lumière
Là-bas, dans le miroir scintillant du monde magique de l'étang 

Quelle fierté de pavaner ton élégante voile faite d'une feuille 
Se tenant sur une fragile barque, simplement un lit de bois
Que l'eau limpide caresse doucement sans tape-à-l'œil
Sous les reflets dorés de l'automne avant les grands froids
Lorsque cette saison colorée escorte ce fabuleux voyage
Accompagnée de toutes les teintes typiques à l'état pur
Elle imprègne et signe autour d'elle son unique image
Entre le paysage éclatant d'or et le ciel embrasé d'azur
Comme j'aimerais être ce petit navire intrépide de la terre
Propulsé par l'eau vers des pays lointains, guidé par l'air
Tu irradies en toi tous les cycles et leur profond mystère
De cette mystérieuse dame Nature pour préparer l'hiver.
Publié par Martine Pelletier

jeudi 24 septembre 2026

Museau de Feuille

La Feuille:
« Ne bouge pas, magnifique félin de maison. Je viens de faire une chute en tourbillonnant d'un grand érable. Voilà que je me retrouve réfugiée sur le bout de ton nez. Quel endroit de rêve, de douceur! Je suis très choyée »
Le Chat:
« Chut... Je reste immobile. Je veux profiter de cet instant unique. Tu effleures mes moustaches et tu me fais loucher. C'est vraiment amusant. Ta couleur d'or va à merveille avec la teinte de mes yeux. D'où viens-tu ainsi? Raconte-moi. »
La Feuille:
« Le vent d'automne m'a conduite jusqu'à toi. Mes sœurs aussi colorées que moi couvrent le sol d'un fabuleux tapis rouge, mais moi, j'ai décidé de devenir ton plus beau souvenir. »
Le Chat:
« Alors, je t'en supplie, reste encore un instant. Le monde autour tourne bien trop vite. C'est affolant, mais sur le bout de mon museau, le temps s'arrête juste pour nous deux. »
La Feuille:
« Oh non… Entends-tu ce bruissement dans les arbres? C'est le vent de l'est qui m'interpelle. Il veut m'inviter pour me faire danser une dernière fois avant l'arrivée du grand froid. »
Le Chat:
« Il est là. Je le sens souffler sur mon front. Reste blottie sur mon museau, ma belle amie. Si je garde les yeux fermés, crois-tu qu'il passera sans te voir? »
La Feuille:
« Le vent est très alerte, il observe tout sur son passage, mon ami. Vois, mes bords se soulèvent déjà. Je dois partir, mais ne sois pas attristé. »
Le Chat:
« Mon nez se sentira bien vide sans ta présence d'or. Où iras-tu? Seras-tu en sécurité? »
La Feuille:
« Au loin là-bas, afin de vivre de spectaculaires aventures! Mais, souviens-toi, chaque fois que tu verras une feuille flamboyante tournoyer dans le jardin, sache que je te saluerai au passage. Peut-être que je me poserai encore sur ta confortable truffe féline. »
Le Chat:
« Bon voyage, mon amie d'un tendre moment. Je te donne rendez-vous ici à l'automne prochain. Sache aussi que les plus merveilleux souvenirs ne s'envolent jamais, ils restent toujours gravés au fond du cœur.»
Écrit et publié par Martine Pelletier (+ encore)



mardi 22 septembre 2026

Sur la corde raide

François s’est éclipsé, quasiment au bon moment
Laissant les clés du bureau, les dossiers encombrants

C'est le printemps, s'écria Christine sans gaieté de cœur
En ouvrant grandes les fenêtres pour chasser cette lourdeur
 
Et, dehors, les rivaux décidés attendent de pied ferme
Prêts à couper l'élan exagéré avant la fin de son terme 

Je ne suis pas Legault, répète-t-elle, mécontente, au micro
Pendant que l'opposition lui montre en riant l'idole en photo

Défendre tout le bilan passé ou s'en détacher un peu 
C’est le grand jeu d'équilibriste qui allume tous les feux

Entre le coût de la vie et ce référendum menaçant qui revient
Elle sourit, obligée, devant les caméras en agitant les mains
Promesse de multiples miracles pour le panier d’épicerie
Tout en guettant inquiète les sondages à la fin de la nuit

Le vote approche à grands pas, les électeurs vont trancher
Pour savoir si la recette souhaitée caquiste a fini de lever
. 
Publié par Martine Pelletier

dimanche 20 septembre 2026

Dialogue d'automne

 

La Feuille: Atterrissage réussi! Bonjour là-dessous. Ne bouge plus, je suis ton nouveau chapeau.

Le Chien: Ouh là… Qu’est-ce qui vient de me toucher? Je sens un truc tout léger sur ma tête. Surpris… je lève les yeux. Je louche. Ah, une intruse!
La Feuille: Une intruse? Quelle impolitesse. Je suis une magnifique feuille d’automne, couleur rouge brique. Je te donne un style fou comme tu n'as jamais eu.
Le Chien: Un style? Je m'en fiche du style. Je suis charmant de nature. Dis-moi plutôt : es-tu un genre de délicieux biscuit tombé miraculeusement du ciel? Si je secoue la tête, tombes-tu directement dans ma bouche?
La Feuille: Absolument pas. Je suis composée de sève d'érable et de chlorophylle séchée, pas de saveur de tendres croquettes. Ne commets pas l'irréparable. Je suis bien confortable sur ta superbe tête noire de labrador.

Le Chien: Mouais… Pas d'odeur de viande au menu, c'est désolant. Bon, vu ma générosité, d'accord, tu peux rester là quelques minutes. Mais si un écureuil passe en vitesse, je ne réponds plus de rien. Prépare-toi à faire une spectaculaire chute sur le sol tapissé de tes semblables. C'est à tes risques et périls. Assure-toi de prendre la bonne décision. Alors, réfléchis bien.
Écrit et publié par Martine Pelletier (+ encore)


vendredi 18 septembre 2026

Le cheval figé


Un fier cheval racé, magnifique, aimant galoper avec ferveur
Qui accepte avec orgueil tous les compliments à sa faveur
Aperçut durant ses galops sur la plage, immobile, perché
Un bizarre phénomène fabriqué entièrement en bois flotté
Le prétentieux cheval l'interpella de son statut le plus haut 
Lui demanda ce qu'il faisait là sans foin, ni robustes sabots 
Tu ne gambades jamais en liberté dans les vastes plaines
Ta sombre carcasse est figée et ta vie ne semble pas pleine
Quant à moi, on me toilette, on me chouchoute, on m'envie
Tandis que sous les bourrasques ton corps inerte dépérit
Le cheval de plage, impassible, l'œil fixe, assurément serein
Lui déclara alors, sans amertume, dénudé de tout chagrin
Oui, je l'avoue franchement, je ne galope pas, je reste ici
Ainsi, aucune facture de dépenses salées ne me poursuit
Point de soins coûteux de vétérinaire ni de maréchal-ferrant
Ma vie se résume au rivage et à la brise du Saint-Laurent
Si un 
courageux cavalier se permet de grimper sur mon dos
Une douloureuse cicatrice fessière lui causera bien des maux
Puis, je ne coûte rien du tout, je n'appréhende aucune bride
Ma liberté de bois statuaire vaut bien tous tes efforts arides.

La morale:
Mieux vaut rester immobile et libre de tout soin
Que courir le monde en payant cher son foin.
la véritable liberté n'est pas toujours là où on l'imagine

Publié par Martine Pelletier

jeudi 17 septembre 2026

Bois de marée

Un géant presque blanc, lisse et doux au toucher

Le pied en étoile bien ancré dans le sable

Il sied en bord de mer, patient et immuable

Ce vieux sage, fort âgé, quel joyau des marées


Depuis bien des années, il est fort apprécié

Le voir est invitant, c'est un banc, une table

Affable pour les gens, et toujours impeccable

Tous ressentent la marée, de bonheur en montée


Quel endroit il occupe, voisin d'une rivière

De sonores cascades, en course vers la mer

Endroit privilégié pour les oiseaux des neiges

Au pied de son long tronc, un goéland géant

Fier, c'est le capitaine, vêtu de noir et blanc

Cap, vers son archipel, dit: les îles de Rêves.

Jean-Clément Isabelle








lundi 14 septembre 2026

Confidence d'une feuille d'automne

Une feuille d’automne, irisée d’or et de rouille
S’est posée ce matin au creux de ma main
Elle fuyait le vent fort, la pluie qui la mouille
M'a dit tout bas, d’un souffle sans chagrin
Rédige-moi un poème avant que je ne meure
Peins mon ancienne couleur d'un éclat de rime
Dis-leur que la beauté n'est pas un malheur
Qu'en tombant au sol, c'est le ciel qu'on estime
Je fus un doux instant pour oiseaux en dérive
Je deviens le tapis des sentiers forestiers
Mais, mon voyage est doux vers l'autre rive
Quand un poète chante mes jours égayés 
Alors j'ai pris ma plume et j'ai écrit ces lignes
Pour que la feuille rousse, emportée par le vent
Devienne le plus beau et le plus pur des signes 
Que mourir en beauté, c'est renaître bien vivant.
Publié par Martine Pelletier (+ encore)