vendredi 9 octobre 2026

Le Veilleur du Fleuve

Les vagues ingénieuses m'ont sculpté un corps de bois flotté
Habillé des secrets des temps bien gardés que la mer rejette
Grand seigneur sur mon tronc d'écorce, face à cette immensité
Je suis l'oiseau intrépide des mers, qualifié d'éternelle silhouette
Ma tête spéciale est garnie d'un œil évidé par les grands vents
Mes ailes sont des débris de tous ces navires à la dérive oubliés
Je ne parcours pas de distances dans le sillage du Saint-Laurent
Seul mon regard de bois scrute jour après jour ses courants salés
Parfois je sens passer sur moi la caresse du brouillard marin
Le cri strident des goélands de mer qui croisent mon chemin
Immobile, dans mes pensées secrètes, je reste uni à mon destin
Amalgamé de couchers de soleil, de mes souvenirs lointains
Les vagues du fleuve me nourrissent de leurs chants ensorcelés
La plage de la Baie-des-Sables m'offre ce repos bien mérité
Puisque figé dans cet univers, je garde la tête bien haute
Je suis le gardien silencieux, la sentinelle de toute la côte.
Publié par Martine Pelletier (+ encore)