Une chatte pleurait, la perte au fond du cœur
Ses petits imprudents, en jouant sur la rive
Étaient tous tombés dans l'eau trop vive
Tandis que ses petits sombraient épouvantés
Le vieux saule fléchi, touché par ses sanglots
Plongea ses longs rameaux au milieu des flots
Les chatons griffèrent le bois de toute leur force
L'arbre les ramena vers la terre, tout en douceur
Sous les yeux de la mère et du vent kidnappeur
Chaque fois que l'hiver amorce son spectacle
Le saule se décore au bout de chaque branche
De petits poils de duvet, de fourrure blanche
Que l'on nomme aujourd'hui poétiquement: les chatons.

