samedi 3 janvier 2026

Le Saint-Laurent hivernal

Le fleuve, ce géant de cristal, s'endort sous le frimas

Traînant ses blocs d'argent comme un lourd embarras

Le vent glace les flots d'un souffle incessant de janvier 

Tandis que le ciel grisâtre s'éteint, las, presque épuisé

Sur cet immense miroir d'argent, se mire une glace infinie

Tout l'espace, si vaste soit-il, se reflète en un rêve étoilé

Chaque souffle de vent, à nos oreilles, est une symphonie

Laissant sur la surface des traces mystérieuses, voilées

Vers le vieux quai solitaire où se fixent des éclats de givre

L'eau noire semble un texte au beau milieu d'un vieux livre

C'est alors que le courant ralentit son élan très audacieux

Pour bercer doucement le repos d'un hiver trop rigoureux

Ses vagues puissantes caressent froidement le rivage

Murmurant des secrets d'une force sans fin, infinie

Née d'un souffle secret d'écume, d'un éternel voyage

Du cœur gelé de la houle à la nuit noire endormie.

Écrit et publié par Martine Pelletier (+encore)