Le fleuve, ce géant de cristal, s'endort sous le frimas
Traînant ses blocs d'argent comme un lourd embarras
Le vent glace les flots d'un souffle incessant de janvier
Tandis que le ciel grisâtre s'éteint, las, presque épuisé
Sur cet immense miroir d'argent, se mire une glace infinie
Tout l'espace, si vaste soit-il, se reflète en un rêve étoilé
Chaque souffle de vent, à nos oreilles, est une symphonie
Laissant sur la surface des traces mystérieuses, voilées
Vers le vieux quai solitaire où se fixent des éclats de givre
L'eau noire semble un texte au beau milieu d'un vieux livre
C'est alors que le courant ralentit son élan très audacieux
Pour bercer doucement le repos d'un hiver trop rigoureux
Ses vagues puissantes caressent froidement le rivage
Murmurant des secrets d'une force sans fin, infinie
Née d'un souffle secret d'écume, d'un éternel voyage
Du cœur gelé de la houle à la nuit noire endormie.
Écrit et publié par Martine Pelletier (+encore)

