jeudi 6 janvier 2022

Les Noëls de notre enfance


J'ai souvenir encore de ces Noëls de notre enfance. Comment ne pas oublier cette simplicité dans la beauté du moment? Ces Noëls blancs, ces Noëls purs où tout avait un véritable sens. 

Ces vrais instants bénis où la vie prenait une pause pour nous convier dans la magie du temps des Fêtes teinté de merveilleux.

Même pour des enfants d'agriculteurs, ayant comme richesse première l'immensité du territoire à portée de la main et surtout l'amour inconditionnel de nos chers parents. 

Pas besoin de joujoux dispendieux, un rien nous rendait heureux: des jeux de société, des traîneaux pour dévaler les nombreuses pentes à l'infini et des patins pour s'organiser des équipes de hockey sur le lac, à proximité d'un vieil hangar, en compagnie des voisins de la côte. Tout cela était notre unique univers et nous étions tellement heureux.

J'ai souvenir encore du 24 décembre en après-midi, où papa se rendait en catimini au magasin Santerre du village, pour acheter nos cadeaux. 

Il n'avait pas beaucoup d'argent mais au fond de son cœur généreux, il tenait mordicus à nous faire plaisir et à voir apparaître des étincelles dans nos yeux d'enfants.

Il les cachait méticuleusement à l'abri des regards curieux, jusqu'au moment où il fallait aller dormir avant la messe de minuit. 

C'est à ce moment-là que maman prenait la relève pour les emballer et les déposer fièrement au pied de l'arbre de Noël. Bien exposés dans le grand salon, où trônaient avec fierté le vieux piano et des cadres anciens des grands-parents.

Oui, ce sapin que papa avait coupé, en se rendant aux confins de ses terres, et maman, qui tempêtait bien souvent parce qu'il manquait trop de branches. Papa se faisait chicaner. 

C'était bien comique. Avec ses doigts de fée, elle installait les lumières multicolores avec soin, et elle laissait aux filles ce plaisir amusant et créatif d'accrocher les boules. 

Ces boules anciennes, aux motifs peints à la main, qui se fracassaient facilement, quand on avait le malheur de les échapper par terre. Avec en prime, ces ravissants glaçons colorés, qu'on accrochait un par un, pour rendre ce roi de la forêt encore plus scintillant et invitant à souhait.

J'ai souvenir encore que le sommeil ne venait pas aisément lorsque le temps était venu d'aller nous reposer, avant la célébration de minuit. 

Très difficile, croyez-moi, car nous entendions les boîtes et les papiers faire un bruit suspect dans la cuisine. Comment trouver le sommeil?  Cela piquait au maximum notre curiosité enfantine. 


Ceux qui étaient braves comme moi osaient mettre un pied hors du lit pour aller fouiner près de la trappe de la fournaise. De cet endroit stratégique, on avait une minime vue sur ce qui se passait de mystérieux, tout en bas de l'escalier.

C'était mieux que rien. Mais, par malheur, le vieux plancher craquait à cet emplacement et maman nous ramenait à l'ordre avec douceur et tendresse. 

Elle nous disait de retourner faire dodo avant la célébration à l'église, sinon le père Noël ne passerait pas. Petit chantage d'amour tout simplement pour nous remettre dans le droit chemin.


J'ai souvenir encore de ces messes de minuit inoubliables.
De ces gros flocons magiques, qui tombaient doucement du ciel et qui ressemblaient à de la ouate. Quel spectacle magnifique!

De plus, ces chants mélodieux, dans cette vaste église paroissiale, interprétés avec brio par une merveilleuse chorale dont papa était bien fier d'en faire partie.    

Tout le monde retenait son souffle, lorsque monsieur Fernand Bélanger entamait de sa grande voix de ténor, le Minuit chrétien. Toute l'église vibrait à l'unisson. Et, tout était gratuit. Nul besoin de réservation ou d'acheter un billet onéreux de spectacle. 

Le vrai spectacle était que l'on fêtait le petit Jésus, dans une étable, à minuit ce soir de Noël. Comme simple décor, il y avait la crèche. 

Avec le nouveau-né, couché sur la paille avec sa mère et son père, qui le regardaient avec admiration. Les animaux qui le réchauffaient: le bœuf, l'âne et le mouton, qui semblaient grandement prendre à cœur leur divine mission.

Sans oublier les rois mages avec leurs présents, qui avaient comme GPS naturel une étoile qui brillait de mille feux dans le ciel. Ensuite, pour couronner le tout, l'ange qui faisait un signe avec la tête, quand on lui donnait des sous. 

J'avais quatre ans quand, pour la première fois, j'ai vécu ce moment magique, vêtue d'un bel ensemble vert foncé que j'ai conservé précieusement. Il habille élégamment aujourd'hui une de mes poupées. Oui, j'ai souvenir encore même après tant de décennies. 

Non, un Sauveur ne naît pas quotidiennement. Il faut que cette nuit spéciale soit imprégnée de beaucoup d'amour et de reconnaissance. Elle était vraiment spéciale cette nuit de Noël.


J'ai souvenir encore de ces réveillons lorsque maman nous avait concocté de délicieux petits plats. De la vraie cuisine québécoise, issue tout bonnement de la tradition de nos grands-mères. Une de ces tables, qui vous ouvrait l'appétit juste à la regarder, même de loin. 

Étaient en vedette son fameux cipaille épicé à point, dont je suis fière aujourd'hui de le préparer comme elle savait si bien le faire. De ses tourtières bien assaisonnées, dorées à la perfection et dont la viande mijotait dans un immense chaudron noir sur le vieux poêle à bois. De ces délicieux cretons maison dignes de mets d'un grand chef.

Quel arôme agréable dans la maison familiale, lorsque nous revenions de nos jeux et de nos escapades hivernales avec les joues rougies par le froid mordant de notre sublime coin de pays!

Sans oublier ses divers desserts, les succulentes tartes, les beignes, qui vous redonnaient à coup sûr de l'énergie, ce supplément énergétique, qui était le bienvenu pour continuer les festivités. 

Pour les petites bouchées sucrées, elle se préparait longtemps d'avance. Elle les entreposait dans la dépense, afin de les garder bien au frais. 

Bien souvent, elle s'apercevait très vite que des souris futées à deux pattes allaient se servir sans lui demander la permission. Quoi de plus drôle que de fêter Noël avant le temps.

Trop délicieux! Immense incapacité de résister à la tentation. J'avoue, j'en étais une de ces petites souris. Je n'étais pas la seule qui appréciait ces délicieuses gâteries maternelles.

J'ai souvenir encore de la distribution de cadeaux, où papa faisait son voleur de grand chemin, en les dérobant sous l'arbre. Il s'enfuyait à toute vitesse dans la chambre, située tout près du salon. Tout pour nous faire rire à chaudes larmes.

Un vrai clown, ce cher papa. Mais, bien vite, il était intercepté par des soldats mercenaires, mes frères, qui veillaient sur ces paquets tellement précieux à nos yeux d'enfants. 

La fête se terminait de cette façon, tard, quasiment au lever du soleil, agrémentée tout au long de simples bonheurs. Bien à l'abri, dans ce nid familial centenaire, qui en a vu des réunions de la grande famille Pelletier. J'ai souvenir encore et encore. Je me souviendrai toujours.

Publié par Martine Pelletier (+lien ci-dessous)



mardi 27 avril 2021

Toby


Ma véritable vie de félin a vraiment débuté lorsque je suis arrivé au Domaine du Grand Semeur. Toby est mon nom. Et si vous préférez Tob pour les intimes. Je suis ravi de partager de doux moments avec de nombreux amis dans ce refuge que j'ose qualifier de refuge de luxe. Ah! Je ne voudrais pas passer sous silence, ma grande complice, Cybelle, une de ces beautés félines nantie de grands yeux veloutés qui vous font chavirer le coeur à tout coup! Nous avons un parcours identique et c'est avec elle que j'ai traversé les moments heureux et malheureux de mon existence.

Depuis que je suis tout jeune, j'en ai vu de toutes les couleurs, vous pouvez me croire. C'était étourdissant de se promener de famille d'accueil en famille d'accueil avec l'espoir qu'un jour, un bon samaritain ou une bonne samaritaine me prenne sous son aile. Mais c'était de rêver en mille couleurs.  Et peine perdue! Personne à l'horizon ne voulait m'adopter et me donner tout l'amour que j'avais besoin. Je n'étais plus un chaton tout mignon, pour certains à deux ans, j'étais déjà vieux et je passais carrément aux oubliettes. En plus, ce qu'on disait de moi me peinait énormément. Il ne fallait pas que je me retrouve dans un foyer avec d'autres animaux car on disait que j'étais un soi disant anti-social. Cela me rendait grandement malheureux. J'en ai des larmes aux yeux quand j'y repense. 

Ah! J'oubliais aussi de vous dire que je suis devenu très méfiant car tout jeune, j'ai connu la violence. J'ai encore cette trace bien évidente sur mon nez. Dans tout ce trémolo, j'ai connu quand même de petits bonheurs au quotidien dans ces foyers de passage où des personnes aimantes m'ont donné un peu de chaleur et de réconfort.

Après maintes démarches pour me trouver un toit convenable, on a décidé qu'il n'y avait plus rien pour moi. Je ne correspondais plus au standard de l'adoption. J'étais devenu hors circuit. Deux solutions s'imposaient: la fin de ma vie ou m'offrir gratuitement sur le site . Pas de seconde chance! Et j'espérais et les aiguilles de l'horloge du temps tournaient et tournaient.

Et la chance m'a souri! Enfin, quelqu'un a craqué pour moi et du coup aussi pour mon amie Cybelle. J'étais heureux mais terrorisé en même temps. Terrorisé de revivre encore et encore ces nombreux allers-retours sans but précis. Après avoir passé une ou deux nuits dans un garage, à la noirceur totale, dans ma prison métallique, un monsieur est venu nous chercher tous les deux afin de nous conduire dans un endroit que je n'aurais pu m'imaginer même en rêve. Et quel endroit à la fois teinté de liberté et de sécurité!

Rendu à destination et lorsque la porte de mon nid de prisonnier s'est ouverte enfin sur ma nouvelle vie, je n'en croyais pas mes yeux. J'ai peine à le croire encore aujourd'hui. Des dizaines de chats sont venus amicalement à ma rencontre. Quel spectacle de voir aussi ces jolies demoiselles félines me regardant comme si j'étais un prince charmant! Je vous le dis, un accueil digne d'un vrai pacha. Tout était incroyable. Je me suis dit, si c'est cela le paradis, et bien j'y reste volontiers sans faire de chichis.

Je vous le dis, une vraie maison de félins, qu'on appelle la CHAMINE, avec ses nombreux nids douillets pour mieux rêver, de la nourriture haute gamme à volonté accompagnée d'eau fraîche venant directement des montagnes. Et que dire de l'enclos aux couleurs vibrantes pour prendre l'air et admirer le superbe jardin des nains qui eux, semblent monter la garde dans ce coin quasi féerique. La passerelle, cette dernière qui nous conduit directement au CHALARIUM, endroit stratégique pour admirer nos amis ailés et ces turbulents écureuils qui nous énervent à souhait avec leurs nombreuses pirouettes acrobatiques. 

De cet endroit, nous pouvons apercevoir la CHATONNIÈRE où des jeunots  se préparent avec allégresse à leur future vie de chats adultes. N'oublions pas aussi le CHALET, ayant comme parasol naturel, ce gigantesque marronnier, qui nous invite à une sieste bien méritée, tout au long de ces après-midis baignés par les rayons du soleil. Et pour terminer, que dire du balcon semblable à celui de Roméo et Juliette, lieu incontournable pour admirer ces superbes couchers de soleil et réservé exclusivement aux romantiques ! N'est-ce pas, Cybelle?

Avec les semaines qui se succédaient, j'ai appris à être moins méfiant. Je suis devenu au fil du temps qui passe un vrai chat au coeur tendre et très reconnaissant envers mes deux anges gardiens. Ils m'ont donné beaucoup d'attention et surtout de l'amour à profusion. Vous pouvez me croire, je n'ai jamais assez de caresses. J'en demande encore et encore! C'est une vie de rêve et je suis heureux de continuer ma route parmi mes nombreux copains rescapés au Domaine du Grand Semeur.

Toby est parti tout doucement après avoir fait un AVC, vers le pays des animaux disparus, en ce vendredi ensoleillé du 15 juillet 2022. Je l'ai accompagné à la clinique vétérinaire et je suis restée avec lui pour son grand départ. Tu resteras gravé à jamais dans nos doux souvenirs!

Publié par Martine Pelletier (auteure)

Photos: Martine Pelletier

lundi 1 mars 2021

Je voudrais être






Celle qui prendrait de ton âme                          

Toute la flamme

De ton coeur

Un feu ardent

Et de tes milliers de rêves

Un soupir sans trêve

Celle qui sur un oreiller de soie

Pourrait te dire sans détour

Toute la passion que j'ai pour toi

Sans jamais te parler d'amour

Celle qui regarderait à tes côtés

Le jour nouveau se lever à l'horizon

Après ces moments tant désirés




Le souvenir d'une nuit teintée de passion

Celle qui parlerait aux nuages

Qui serait l'accalmie de tes orages

Tout en restant dans tes bagages

Un doux souvenir voguant au large

Celle qui pourrait faire de cette terre

Ton coin de paradis rêvé

Qui malgré vents et marées

Changerait ton ruisseau

En gigantesque mer

Apportant à l'infini



L'espace de ta vie

Souviens-toi 

Tu es comme cet arbre droit qui s'élève majestueux

Dans le ciel étoilé

Je serai pour toi 

Qu'une étoile filante égarée

Parmi les étoiles

Que tu sais si bien apprivoiser

Je serai pour toi 

Ton étoile

D'un unique aller-retour

Oui mon bel amour

Je serai


Celle qui passe

Celle qui est passée

Celle qui passera 

Un instant dans ta vie


Publié par Martine Pelletier ( auteure )
Photos: Martine Pelletier



vendredi 26 février 2021

La mer m'a donné

Comme la neige a neigé

Comme le fleuve a créé

De ces oeuvres glacées

À jamais gravées

Pour l'éternité




La mer m'a donné

La douce musique des vagues

Pour t'inviter à voyager
 
Avec moi dans mes bagages

Que m'importe les ans 

Tu seras toujours présent

Et cela pour l'éternité

Sous un ciel étoilé.


Publié par Martine Pelletier ( auteure )
Photos: Martine Pelletier

Orfée


Mon nom est Orfée. Ma maîtresse me dit souvent que je suis sa fée en or. Je suis très élégante avec ma robe noire couleur de la nuit. J'ai aussi de superbes yeux bruns en forme d'amandes qui me donnent un charme fou. Née d'une magnifique mère bouvier bernois et d'un père labrador noir très racé, je suis fière d'appartenir à la grande famille des labernois. Tout un honneur, vous pouvez me croire!

Fière aussi de vous raconter comment j'ai rencontré ma maîtresse adorée à qui je voue un amour inconditionnel. Je peux vous dire en toute sincérité que ce fut le coup de foudre instantané quand mon regard a croisé le sien. Lorsque je suis venue au monde, j'étais la seule représentante féminine de la portée de quatre chiots. Imaginez, seule avec mes frères qui n'étaient pas reposants du tout, toujours en train de se chamailler sans arrêt, et moi, j'assistais à leur spectacle d'humour un peu en retrait dans mon coin!


C'est ainsi qu'un bel après-midi ensoleillé mais frisquet du mois de novembre, une dame est venue nous rendre visite. Dès que je l'ai vue, mon coeur a  chaviré. Je vous le dis, en cet instant précis, j'aurais voulu partir avec elle, oui partir pour faire le tour du monde! J'ai tout fait pour lui plaire, en lui manifestant mon intérêt grâce à mes yeux doux de velours et en me laissant caresser avec douceur. Puis lorsqu'elle a dit tout simplement que c'était moi l'élue de son coeur, quelle joie immense ressentie à ce moment-là! Mais étant encore trop jeune pour quitter le nid familial, elle est repartie avec la promesse qu'elle allait bientôt revenir me chercher pour continuer ma vie à ses côtés.

Et le grand jour arriva enfin après une attente interminable et des rêves pleins la tête. Comme j'étais jolie à croquer! Toilettée et parfumée avec en prime, à mon cou, un superbe foulard agrémenté de minuscules fleurs roses. De la couleur préférée de ma maîtresse, en plus. Une vraie carte de mode!

Durant le trajet, je suis restée blottie entre ses bras protecteurs et emmitouflée dans une douce couverture, c'est alors que j'ai sombré dans un sommeil de tendresse et de confiance. Quel moment de bonheur! Arrivée à destination, j'ait fait la connaissance de Garou, le doyen de la maisonnée, de Blacky, un doux au coeur tendre, de Si-Belle, ma superbe soeur, d'une année plus âgée que moi. Et sans oublier, la jeune Éden, qui m'a prise sous son aile et qui allait devenir au fil des saisons ma complice de nos nombreux jeux en plein air.

Je suis très heureuse de vivre au Domaine du Grand Semeur. Je peux vous dire aussi, qu'avec les années qui se succèdent, je suis devenue une championne de natation. Les vagues du grand fleuve ne me font pas peur du tout. Mais ce qui fait le plus mon bonheur au quotidien, c'est de passer de doux moments avec celle à qui je donne toute mon affection inconditionnelle. Celle que je protègerai jusqu'à la fin de ma vie, avant de franchir le pont Arc-en-ciel pour le pays merveilleux des animaux disparus.

Publié par Martine Pelletier (auteure)

Photos: Martine Pelletier






jeudi 25 février 2021

Hommage à notre père



Les blés sont mûrs et la terre est mouillée, les grands labours dormiront bientôt sous la gelée, toi, papa si beau, tu t'es envolé. La porte est close sur ton jardin fané. Oui, ce grand jardinier que tu étais est parti se reposer sous des cieux plus cléments après une vie terrestre riche en récoltes de toutes sortes auprès de ta famille, de ta communauté paroissiale et dans de nombreux organismes sociaux.

Diplômé de l'école d'Agriculture, tu es parvenu à conserver le patrimoine légué par ton père Omer, besognant avec labeur, soir et matin, aux confins de tes terres. Tu as réussi, avec l'aide de maman, à nous transmettre les valeurs importantes de la vie tout en vivant dans une nature magnifique entre la forêt et la mer! Aujourd'hui encore, nous profitons de ce petit trésor familial grâce au travail admirable de Simon qui t'a succédé.

Tu as toujours voulu monter plus haut, aller plus loin. Curieux de nature, tu t'intéressais à tout. Un vrai Columbo! Ta curiosité te menait toujours sur les sentiers de la connaissance. La lecture était pour toi le moyen d'apprendre toujours un peu plus sur la vie et surtout sur le genre humain. Des livres, des journaux, même jaunis par le temps, des découpures de toutes sortes, de vieilles photos. Il y en avait partout. L'histoire te passionnait. 

Et, que dire des traces laissées par tes ancêtres que tu gardais précieusement dans ton prétendu musée. Quelle fierté et combien d'étincelles brillaient dans tes yeux quand tu partageais tes fameux trésors avec les visiteurs que tu accueillais si chaleureusement dans le nid de ton enfance! Tu devenais, à ce moment-là, un réel professeur d'histoire. Ainsi, plusieurs, malgré eux, apprenaient l'importance et la joie de s'intéresser à leurs racines.

Ensuite, la politique! Quel sujet brûlant et passionnant en même temps! C'était souvent à l'ordre du jour lors de tes discussions téléphoniques et très animées avec ton petit frère Benoit. Des minutes et des minutes sublimes à discuter encore et encore. Tu tenais mordicus à tes opinions. Impossible de te faire changer d'idée. N'est-ce pas, cher oncle Benoit?

Tu étais, cher papa, un petit comique. Combien de personnes croyaient dur comme fer tout ce que tu leur disais. Plusieurs ont embarqué bien souvent dans ton jeu. Et tu riais de les voir pris dans tes filets. Il fallait bien te connaître afin de déjouer toutes les intrigues que tu savais si bien inventer.

Tu voulais atteindre l'âge mémorable de 90 ans. Tu as réussi. Et que dire de tes projets futurs, tu en parlais comme si tu étais certain de devenir centenaire comme les majestueux arbres qui montent la garde sur le domaine familial !

Tu as toujours été un battant, un amoureux de la vie. Même ces dernières années où, des problèmes de santé, des deuils de toutes sortes sont venus assombrir ta tranquillité d'esprit. Malgré tout, tu gardais la foi en tout et au fond de ton coeur, tu savais bien que ceux qui ne nous tuent pas nous rendent encore plus forts.

C'est dans ces moments de tristesse que tes anges gardiens arrivaient en douceur te remettre dans la voie de tes petits bonheurs quotidiens. Quelle confiance tu avais en ces deux perles rares qui t'ont permis de poursuivre ta route en toute sécurité et surtout dans la sérénité!  Merci Hélène, merci Simon pour ces gestes gratuits teintés d’amour. 

Nous savons que de là-haut en bon père et en bon papi que tu étais, tu veilleras sur nous tous. Par respect pour l'être important que tu étais dans nos vies, nous vivrons intensément chaque jour comme tu le faisais si bien. Bon voyage papa!

Publié par Martine Pelletier (auteure)

Photos: Martine Pelletier

                                                         



                 











Mon grand-père paternel


Mon grand-père Omer, un homme de terre et de mer! Un grand coeur vaillant et généreux! Il travaillait sans relâche, de l'aube jusqu'au crépuscule aux confins de ses terres. De plus, il pêchait au large du grand fleuve avec le retour tant attendu de la saison estivale. 

Ce que je me souviens de lui, c'est qu'il avait une superbe jument blanche qui avait pour nom: la Catin. Toute petite, il me promenait, assise sur son dos, c'était vraiment impressionnant! C'était un homme qui adorait les animaux et qui se préoccupait grandement de leur bien-être. Sur la ferme, il y en avait de toutes les sortes. Lorsqu'il a vendu son bien agricole à mon père, ma grand-mère et lui sont allés demeurer dans une petite maison au village, avec comme toile de fond la mer à l'infini. 

Je le vois encore aujourd'hui parcourir la grève à la recherche de bois flotté pour aller le travailler dans son hangar qui était en même temps, son havre de paix. Il mettait à contribution toute son imagination fertile et surtout son talent d'artiste. Je me souviens très bien, car je passais de merveilleux moments en sa compagnie ainsi qu'avec ma grand-mère Émilienne! 

Bien souvent, cette dernière en profitait pour me parer de ses nombreux bijoux cachés, dans un imposant coffre secret. Et complices toutes les deux, assises confortablement devant le miroir, on se prenait pour de véritables vedettes. C'était une dame dotée d'une très forte personnalité et très fière de sa personne. J'ai hérité de quelques uns de ces magnifiques bijoux centenaires et je les garde précieusement. 

De là sont nées ces deux passions: les animaux et la mer. Et aussi, ce petit côté féminin de la mode que j'ai su développer harmonieusement au fil des ans. Quel merveilleux souvenir d'enfance! Merci de tout coeur, chers grands-parents.

Publié par Martine Pelletier ( auteure )