lundi 23 mars 2026

La Maison Croissant

Les murs sont dorés, invitants à souhait
On entend le beurre chanter en secret
Et, tout en haut, quel divin spectacle 
Un dôme de crème fouettée, pur miracle 

Couleur de l'aube, onctueuse et légère
Ce toit improvisé brave les courants d'air
Des fraises juteuses, rouges et sucrées
Servent de tuiles, joliment orchestrées 

Avec de la pluie, c'est du sirop d'érable
Rendant le jardin tout à fait délectable
Mais, grande attention au soleil de midi 
Le toit pourrait fondre, ce serait un gâchis

Un vieux pâtissier retraité et chevronné
Passe toutes ses journées à tout regarnir
Armé d'une louche et d'un grand tablier
Pour que sa demeure ne cesse d'éblouir.

Publié par Martine Pelletier (+ encore)



Le renard et la demoiselle

 

Sous l'ombre épaisse des grands chênes
Où le silence est roi et maître des plaines
Une fille aux cheveux teintés d'argent
Allait d'un pas silencieux et changeant

Près d'un buisson d'épines sombres
Un renard guettait dans les ombres
Sa robe rousse, un peu feu follet
Dans la lumière brillait et s'envolait

Il s'approcha, museau alerte au vent
L'œil vif, le geste poli et bienveillant
Elle s'arrêta, surprise, le souffle court
Saisie par ce jeu tendre de troubadour

Point de ruse, point d'inutile querelle
Entre la bête rusée et la demoiselle
Juste un regard doux, un lien secret
Né du murmure de l'immense forêt

Le renard fit un pas gracieux de danse
Salua sa noble et merveilleuse présence
Puis disparut magiquement dans le taillis
Laissant la demoiselle confuse, en un oubli

Elle repartit, l'âme subjuguée, très légère
Gardant en elle cet inexplicable mystère 
Qu'au détour d'un sentier et simple boisé
Le sauvage peut vraiment nous apprivoiser.

Publié par Martine Pelletier

vendredi 20 mars 2026

La cabane dans les nuages

Près du sommet, là où l’air s'amoindrit
Se dresse une cabane, un vrai défi à la vie
Bâtie sur un arbre qui n'en demandait pas tant
Elle gratte le ventre des nuages en passant

Le proprio, pour l'escalader, a un sacré mollet
Même les aigles font demi-tour, l'air un peu inquiet
À midi, on n'y mange pas de soupe ni de ragoût
On croque un bout de cumulus, quel drôle de goût

Pour accrocher son linge, c’est la solution royale
Le vent souffle si fort que c’est un vrai carnaval
Son caleçon, hier soir, a quitté le haut balcon
Il a été emporté à la vitesse éclair par un faucon
Le plus dur, c'est l'orage, quand l'éclair fait coucou
On se brosse les dents en mode gros coup de grisou
Mais, la vue est superbe, on voit l'arrière des cieux
Même si, pour le Wi-Fi, c'est vraiment désastreux.
Publié par Martine Pelletier



La Maison-Chat

Dans un petit coin de ruelle
Une bâtisse un peu rebelle
Ne surveille pas les souris
Mais épie les pires bandits

Deux fenêtres rondes en façade
Qui vous fixent en pleine balade
Pas besoin d'alarme ou de chien
Ce regard félin est le vrai gardien

Quand le soleil rase la toiture
Elle prend une drôle d'allure
On dirait qu'elle va ronronner
Ou réclamer sa boîte de pâté 

Si la porte est sa grande bouche
Il faut vraiment dire pas touche
Car cette maison, c'est un secret
Miaule fort quand le vent l'effraie.

Publié par Martine Pelletier

Le coq Saladin

Ce matin, quel drôle de destin
Chantecler est devenu Saladin
Plus de « cocorico » au réveil
Il est en laitue sous le soleil

Ses plumes rousses et ses fiers ergots
Sont de la salade pour les escargots
Il ne trône plus dans le poulailler
Il attend la sauce dans le saladier

Ainsi, le plus bizarre dans ce fouillis
Est son bec se troquant en parapluie
Quand le ciel gronde et devient gris
Il s'ouvre en grand, quelle comédie

S’il pleut trop fort sur le potager
Le coq-laitue reste bien protégé
Il ne finit pas au vin, c’est certain
Alors attrapé par un rusé lapin. 

Publié par Martine Pelletier

La Maison Kiwi


Dans le petit village, quel drôle de logis
C’est la Maison Kiwi, où tout est vert-souris 
Pas de briques rouges ni de vieux paillassons
Ici, on vit comme dans un gros fruit de saison

Les murs sont en poils, un peu électriques
C’est doux au toucher, mais pas très pratique
Quand il se met à pleuvoir à flot sur la toiture
Ça sent la salade verte et la vraie déconfiture 

Pour entrer chez soi, pas besoin de superbe clé
On croque en vitesse la porte et on est installé
Le canapé du salon est une tranche bien juteuse
Gare aux pépins, c'est une horde nombreuse

Les voisins rigolent : « C’est un peu culotté! »
Mais, l'habitant répond, avec grande fierté:
« Ma maison est remplie de vitamine C
Je n'ai jamais de rhume, je suis en santé! »

Publié par Martine Pelletier



jeudi 19 mars 2026

La Maison Champignon



Lumière douce sous le chapeau
Abri secret pour les petits lutins
Mousses tendres sur le sol
Au milieu de la forêt profonde
Imaginaire et plein de magie
Sous les feuilles mortes, elle se cache
Où les insectes trouvent refuge
Nid douillet de la nature
Colorée et ronde, elle se dresse
Haute comme trois pommes

Au pied d'un vieux chêne
Merveilleuse architecture de sous-bois
Porte minuscule pour les fées
Irrésistible pour les rêveurs
Galets gris autour de son pied
Nuages de spores au vent
Odorante d'humus et de pluie
Nocturne demeure des gnomes
Publié par Martine Pelletier