On nous appelle souvent « les personnes âgées »…
Ce mot tranquille cache une vérité qu'on a de la difficulté à réaliser.
Nous sommes les derniers témoins vivants d’un monde qui n’existe plus.
Oui, nos cheveux ont blanchi.
Nos pas sont parfois plus lents.
Le temps nous a appris une patience que peu comprennent aujourd’hui.
Mais, si vous écoutez vraiment nos histoires,
vous découvrirez quelque chose d’extraordinaire.
Nous ne sommes pas simplement des personnes qui vieillissent.
Nous sommes une génération qui a traversé l’une des plus grandes transformations de l’histoire humaine.
Nous avons connu un monde entièrement analogique…
avant de voir naître le monde numérique.
Nous sommes nés dans les années 40, 50 et début 60,
à une époque où le monde se reconstruisait encore après la guerre.
Nos jeux étaient simples.
Des balles dans la poussière.
Des dessins dessinés sur le trottoir. Dans les cours d'école.
Des cartes, des jeux de société autour de la table de cuisine pendant que l’odeur du souper remplissait la maison.
Des glissades en traîneaux en hiver avec les voisins.
Quand le soleil disparaissait à l'horizon,
on savait que le jour achevait,
il était temps de rentrer.
Il n’y avait pas de cellulaires.
Pas d’internet.
Pas d’écrans pour voler chaque instant.
Nos souvenirs se construisaient dehors
avec des genoux écorchés,
des rires à ne plus finir
et des amitiés créées face à face.
Puis sont arrivées les années 60 et 70.
La musique.
Les groupes rock dans les salles de danse.
Les guitares électriques.
Woodstock.
L’espoir qu’un monde plus humain était possible.
On écrivait nos notes à la main dans des cahiers.
On passait des heures dans les bibliothèques.
On apprenait à réfléchir lentement,
parce que l’information n’arrivait pas en une seconde.
On tombait amoureux avec des vinyles qui tournaient doucement,
des cassettes,
des chansons qui accompagnaient les premières danses.
Puis le monde a changé plus vite que jamais.
Nous sommes la seule génération
à avoir connu une enfance sans technologie numérique
et une vie adulte complètement transformée par elle.
Nous avons attendu des lettres écrites à la main.
Nous avons utilisé les téléphones à roulette.
Puis nous avons vu arriver les ordinateurs,
internet,
les téléphones intelligents,
et maintenant l’intelligence artificielle.
Nous avons vu l’humain marcher sur la Lune.
Nous avons vu naître le web.
Nous avons traversé des guerres,
des crises,
des pandémies,
et malgré tout…
nous nous sommes adaptés.
Ainsi, même si le monde a changé,
certaines choses sont restées les mêmes.
Le goût d’une limonade froide en été.
Les légumes du jardin.
Les longues conversations sans écran entre les mains.
Nous avons aimé.
Perdu.
Pleuré.
Reconstruit.
Nous avons vu partir des êtres adorés qu’on croyait éternels.
Nos souvenirs traversent les décennies.
Mais, nous ne sommes pas des reliques.
Nous sommes des ponts bien vivants entre deux mondes.
Nous rappelons que le progrès ne devrait jamais faire disparaître la sagesse,
la patience,
la bonté,
ou la présence humaine.
Alors quand quelqu’un nous appelle « vieux »,
on peut doucement sourire.
Parce qu’en vérité,
nous sommes la génération qui a traversé deux siècles,
vu huit décennies de transformations,
et marché du temps des lettres manuscrites
jusqu’à l’ère de l’intelligence artificielle.
Quelle vie nous avons vécue!
Ainsi, si tu fais partie de cette génération,
regarde-toi aujourd’hui dans le miroir.
Tu ne vieillis pas simplement.
Tu es une partie vivante de l’Histoire.
Auteur inconnu
Pourquoi ne pas continuer cette histoire et la rendre encore plus vivante,
plus fascinante en continuant de se donner une vraie place dans le monde?
En s'offrant un réel pays, fort à l'image de ce que nous étions dans ces décennies où nous n'avions peur de rien. Peur d'avoir peur, ce n'est pas du tout à notre image.
Réveillons-nous, les baby-boomers, afin de laisser derrière nous des traces d'espoir et de ce que nous sommes: des fonceurs d'hier, du présent pour préparer l'avenir des fonceurs de demain: nos descendants.
On ne paie jamais trop cher le privilège d'être son propre maître. Une devise qui, aujourd'hui, devrait fortement nous caractériser et nous donner cet élan pour nous offrir un pays à notre image. Notre pays qui saura défier encore et encore des décennies. Et, qui certes passera à l'histoire!
Martine Pelletier
Publié par Martine Pelletier (+ encore)

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